Accueil Métier : infirmier Infirmiers : ils témoignent ! Carole Gantelet, infirmière en pédiatrie, Marseille

Profession : infirmière au Pôle Parents-Enfants de l’Hôpital Saint Joseph de Marseille

L’Hôpital Saint Joseph est le second établissement de la ville de Marseille après l‘AP-HM et le troisième établissement de santé de la région.
Rencontre avec Carole Gantelet dans le Service de médecine générale et de chirurgie du Pôle Parents-Enfants de l’Hôpital Saint Joseph de Marseille.

Pouvez-vous nous précisez votre parcours dans le domaine des soins infirmiers jusqu’à vos fonctions actuelles dans le Pôle Parents-Enfants de l’Hôpital Saint Joseph de Marseille ?

J’ai passé le diplôme d’auxiliaire de puériculture en 2003 et j’ai travaillé cinq ans au service de néonatalogie de l’Hôpital Saint Joseph de Marseille.

Puis j’ai intégré l’IFSI Saint Joseph – Croix-Rouge Française de Marseille.
À l’issue de ma formation en IFSI, en novembre 2011, j’ai commencé par tourner quelques mois dans les différents services du Parents-Enfants de l’Hôpital Saint Joseph – les urgences pédiatriques, la néonatologie et le service de médecine-chirurgie que je n’ai plus jamais quitté.

Quelles furent vos motivations pour devenir infirmière ?

J’ai toujours voulu travailler dans un métier relationnel avec les enfants. Au départ, je ne poursuivais pas forcément le vœu de devenir infirmière. Avec le temps, le projet s’est imposé, en lien avec mon expérience et mon souhait de développer mes compétences. J’ai donc passé l’examen d’admission en école d’infirmière en 2008, avant la réforme du concours infirmier.

Vous avez commencé par être auxiliaire de puériculture dans le service de néonatologie de l’Hôpital Saint Joseph de Marseille. Dans quel cadre avez-vous préparé les épreuves de l’examen d’admission ?

J’ai préparé ces épreuves seule, en candidat libre, et l’Hôpital a financé mon projet.

Au-delà du Diplôme d’État d’infirmier, avez-vous suivi des formations particulières liées aux activités du Pôle Parents-Enfants de l’Hôpital Saint Joseph de Marseille ?

Lorsque j’ai eu mon diplôme d’infirmière, j’ai simplement exprimé le souhait de retourner au Pôle Parents-Enfants et j’ai eu la chance qu’il y ait un poste vacant à ce moment là.

En général, dans une nouvelle prise de fonction, il y a un parcours d’intégration. Au début vous êtes accompagné pendant quelques jours, voire quelques semaines dans le meilleur des cas. Vous bénéficiez des acquis du personnel expérimenté. Par ailleurs, de manière générale, le travail se fait en équipe.

Quelles sont les qualités requises pour travailler dans le domaine du soin pour enfants ?

Je dirais d’abord qu’il faut de l’adaptabilité, de la réactivité et de la rigueur.

S’adapter, parce qu’il faut être capable de mettre non seulement l’enfant en confiance, mais aussi sa famille. Les parents sont tout le temps présents, y compris pendant les soins. Donc il faut savoir rassurer les parents pour pouvoir rassurer l’enfant.

S’adapter, parce que comme le Pôle Parents-Enfants est un service de médecine et de chirurgie, on passe constamment de l’une à l’autre des spécialités, et les intervenants sont nombreux : chirurgiens, médecins, personnel paramédical. Par exemple : on va vous demander de faire un soin pour tel enfant, mais vous avez aussi un autre soin pour tel autre enfant qui dépend, lui, d’un autre médecin. Cela exige donc beaucoup d’organisation.

Il faut aussi de la rigueur. Tous les services médicaux l’imposent, mais c’est encore plus vital en pédiatrie, notamment pour les calculs de dosage de médicaments. Il s’agit de ne pas se tromper, en raison des particularités pharmacologiques de l’enfant. Les tests d’aptitude numérique que l’on prépare pour le concours ont donc une application professionnelle immédiate.

Les étudiants d’IFSI qui arrivent en stage perçoivent vite que le fonctionnement d’un service de pédiatrie est particulièrement exigeant. Ils viennent généralement en service de pédiatrie en 3e année d’IFSI, après avoir plutôt côtoyé des patients adultes. Ils y découvrent les spécificités de la relation de soin avec les enfants et les enjeux d’accompagnement de la famille.

La prise en charge de la famille existe aussi chez l’adulte, mais elle est beaucoup plus légère. Lorsque vous prodiguez un soin à un adulte, le reste de la famille sort. Lorsque vous faites un soin à un enfant, les parents peuvent assister aux soins s’ils le souhaitent. C’est donc très important d’arriver à les rassurer afin que l’enfant soit lui- même rassuré : dans une famille les sentiments se diffusent.

Par ailleurs, les calculs de doses pédiatriques sont eux aussi très particuliers. Il faut par exemple faire des dilutions de doses ou d’autres gestes techniques assez spécifiques que l’on ne rencontre pas forcément dans les services adultes.

Pouvez-vous nous décrire une de vos journées types ? – Même si, très certainement, aucune ne se ressemble !

Certes, les journées sont différentes, mais elles ont toutes une trame commune. On travaille la plupart du temps en 12 heures et, quelquefois, en 6 heures.

La journée type s’étale de 7 h 30 à 20 h 15. On commence avec la relève infirmière, le passage de relais des équipes de nuit aux équipes de jour.
Ensuite, on nous attribue un certain secteur de patients. On va voir les enfants toutes les deux à trois heures pour faire les soins, les traitements, surveiller qu’il n’y ait pas d’extravasation, ce qui arrive fréquemment chez l’enfant car les veines sont fragiles, donc il faut régulièrement vérifier cela de près. On surveille aussi l’alimentation et, plus généralement, tout ce qui concerne le bon déroulé de la journée des enfants.

Au milieu de tout cela, il y a une visite chirurgicale, une visite médicale le matin. Il y aussi une visite médicale, et parfois une visite chirurgicale, dans l’après midi.

À cela s’ajoute l’accueil des jeunes patients en hôpital de jour pour des soins médicaux ou chirurgicaux. Ce sont des enfants qui viennent pour une cure de fer ou une cure de Remicade®, par exemple, pour ceux souffrant de la maladie de Crohn ou de risques hémorragiques. Ils arrivent le matin, on leur fait une prise de sang, des tests, le traitement qui convient et ils repartent chez eux le soir.

On voit parfois aussi arriver dans notre service de médecine chirurgicale des patients ayant subi de petits actes chirurgicaux qui n’ont pu être accueillis dans le service ambulatoire.

C’est donc une organisation assez complexe, car il n’y a pas que ceux qui dorment à l’hôpital : il y a aussi ceux qui rentrent et qui sortent et il faut être présent pour tout le monde.

Quel est l’effectif de votre service de médecine chirurgicale ?

Nous avons vingt-trois lits et nous sommes deux ou trois IDE en fonction du programme de la journée. Les gros jours de bloc, il y a trois infirmières. Les autres jours, il y a deux infirmières en journée et une le matin.

Il y a aussi une saisonnalité dans le travail. En pédiatrie, la charge de travail dépend aussi beaucoup du facteur épidémies. Les mois les plus chargés en médecine vont de novembre à mars (bronchiolites et gastroentérites).

Les chirurgies font l’objet de programmations, sauf dans le cas d’urgences.

Enfin, l’été on ferme une partie du service, donc le nombre de personnel est adapté au nombre de lits ouverts.

Cette saisonnalité fait aussi partie des difficultés du service : il peut y avoir très peu d’enfants comme beaucoup. Dans le premier cas, il faut savoir être polyvalent car on peut être amené à travailler en service « adulte ».

Quant à l’inverse, le service est très chargé, il est parfois difficile d’avoir des renforts. Lorsque l’on a une épidémie de bronchiolite au moment des fêtes de fin d’année, on est typiquement dans le cas de journées très complexes à gérer, par manque de personnel en ces périodes. Toutefois, des renforts, bienvenus, sont organisés au mieux par l’encadrement.

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant infirmier en IFSI ou à un diplômé attiré par les activités d’un Pôle Parents-Enfants ?

Il me paraît indispensable de s’immerger dans le service avant afin de voir si cela plaît ou non, parce que c’est tout de même assez différent du fonctionnement d’un service pour adultes. En bref, où cela plaît énormément où cela ne plaît pas du tout.

Il faut avoir les qualités précédemment évoquées et en particulier – j’insiste là- dessus – de la rigueur dans le calcul de doses pédiatriques.

Au-delà de la motivation et de la capacité à s’intégrer dans ce type de service, l’infirmier doit faire preuve de patience pour obtenir une place en pédiatrie. Il n’y a pas énormément de places en pédiatrie par rapport au nombre de candidatures. Sur les hôpitaux de Marseille, il n’y a pas tant de services pédiatriques que cela. Donc les infirmiers qui veulent travailler à Marseille en pédiatrie mettent du temps à pouvoir y arriver, parce qu’il faut attendre que des places se libèrent.

Au-delà du Diplôme d’État d’infirmier, quelles sont les évolutions professionnelles possibles pour travailler en pédiatrie ?

Actuellement, le Pôle Parents-Enfants de l’Hôpital Saint Joseph de Marseille fonctionne avec des infirmières et des infirmières puéricultrices. Elles font exactement le même travail et prodiguent les mêmes soins.

Mais la Direction des soins aspire à ce qu’il n’y ait plus que des infirmières puéricultrices à exercer dans le Pôle Parents-Enfants. Les infirmières puéricultrices sont des infirmières spécialisées. La puériculture est une spécialité au même titre que celles d’infirmier de bloc ou d’infirmier anesthésiste, par exemple. Il ne faut pas confondre les infirmières puéricultrices avec les auxiliaires puéricultrices qui, elles, ne sont pas des infirmières. Pour réussir le concours d’infirmier puériculteur (IPDE), il faut réussir le concours d’entrée de l’école.

Les infirmières sont donc incitées à suivre la formation d’infirmière puéricultrice, qui peut leur être financée. Dans cet objectif, elles doivent faire une demande de formation. En fonction des budgets disponibles, ces demandes sont acceptées ou reportées.

Autre évolution possible : préparer le concours d’entrée en Institut de formation des Cadres de santé (IFCS). Cependant, les débouchés en termes de places se trouvent plutôt dans les services adultes qu’en pédiatrie, au prorata du nombre de services adultes comparé à celui des services pédiatriques.

De quelles formations professionnelles disposez-vous pour renforcer vos compétences au quotidien ?

En interne, à l’Hôpital Saint Joseph, de petites formations sont dispensées ponctuellement pour acquérir davantage d’expérience sur tel ou tel geste ou soin. Par exemple, nous avons suivi une formation en réanimation pédiatrique. Les différentes équipes de pédiatrie ont tourné pour que tout le monde soit formé.

Enfin, en externe il peut y avoir des conventions, des congrès, des formations sur des points ciblés, des soins spécifiques, qui s’effectuent ponctuellement en cours d’année.

Pour finir, qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le métier d’infirmier et quels sont ses aspects les plus difficiles ?

Ce qui rend le travail au sein du Pôle Parents-Enfants passionnant, mais aussi un peu complexe, c’est la variété des missions.

Ensuite, les contacts avec les familles des enfants peuvent se révéler assez gratifiants. Lorsqu’une famille arrive assez stressée et part en vous remerciant, cela fait toujours plaisir. Cela ne se passe pas toujours ainsi, mais dans la plupart des cas, c’est vrai. On a tout de même cette chance-là. Ce n’est pas un service où l’on est souvent confronté à de grosses catastrophes.

Enfin, on a la chance aussi d’être dans une structure assez soudée. La bonne ambiance allège un travail qui reste assez difficile.

© Dunod Éditeur, juillet 2016.


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