Accueil Métier : infirmier Infirmiers : ils témoignent ! Stéphanie Bourgeois, en formation à l’IFCS

Rencontre stimulante avec Stéphanie Bourgeois, infirmière DE (1992) et aujourd’hui en formation à l’Institut de formation des cadres de santé (AP-HP). Un parcours atypique et riche d’expériences dynamiques !

Transplantations, pédiatrie, bloc opératoire : pouvez-vous nous résumer votre parcours dans le domaine du soin infirmier ?

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI de La Pitié-Salpêtrière (AP-HP). Durant cette période, j’ai réalisé tous mes stages en milieu hospitalier – en médecine, en chirurgie, en pédiatrie (deux stages) et en psychiatrie (deux stages).
Je suis infirmière diplômée d’État depuis 1992. J’ai commencé à travailler à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), dans un service de transplantations. C’était un service difficile et dans lequel la charge de travail était très importante. Quand on vient d’avoir son diplôme, et que l’on doit apprendre à s’organiser, c’est très formateur !
J’ai fait le choix ensuite de rejoindre le service de pédiatrie de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul (AP-HP, 1994-été 1996). Mes missions relevaient plus spécifiquement de la médecine générale aiguë. Je m’occupais à la fois d’adolescents pour des bilans endocriniens assez lourds et de bébés victimes d’épidémies de grippe ou de gastroentérite, par exemple. Au bout d’un an et demi environ, je suis devenue référente de l’hôpital de jour en diabétologie. J’étais chargée d’organiser la journée et la prise en charge des enfants diabétiques qui venaient là pour un bilan complet de leur pathologie.
Ensuite, pour des raisons familiales, j’ai choisi de me rapprocher de mon domicile en postulant à l’hôpital Bicêtre (AP-HP, 94), où j’ai pris un poste d’IDE de bloc. Je me disais que j’avais toujours le temps de changer si cela ne me plaisait pas. Et finalement, je me suis éclatée ! J’ai appris énormément de choses. C’est vraiment une autre approche, un autre métier. Le patient est très stressé, il y a toute une mise en conditions à faire, il ne faut pas se louper dans ces précieuses minutes.
C’est un bloc où sept spécialités se côtoient autour de quinze salles d’opérations. On avait beau faire beaucoup d’urgences, on était tout de même rattachées à un secteur spécifique au sein du bloc. J’ai commencé en pédiatrie puis j’ai été rattachée au secteur orthopédie. Cependant, on était complétement polyvalent, notamment pour remplacer un absent dans telle ou telle spécialité. J’ai participé à des transplantations, j’ai fait de la neurochirurgie, etc. Ce fut une très bonne expérience.
En cours d’expérience, on m’a proposé de devenir coréférent de secteur, c’est-à-dire de m’occuper des affaires logistiques et de coordination : les commandes, les changements d’instrumentation, le référencement de certains packs pour les interventions, la participation au staff de programmation des patients. J’ai fait cela d’abord en pédiatrie, puis en orthopédie. Progressivement on m’a donné de plus en plus de responsabilités.
Quand j’étais référente de secteur, je côtoyais un certain nombre de commerciaux, notamment en orthopédie. Dans ce contexte, j’ai eu l’opportunité de passer un entretien avec un Directeur des ventes, qui m’a retenue pour un poste de commercial dans la vente de tables d’opérations et d’éclairages opératoires chez STERIS Surgical Technologies. J’ai travaillé dans ce domaine pendant un an (2004-2005), dans le cadre d’une demande de disponibilité. Ma valeur ajoutée était évidemment d’être infirmière de bloc donc je connaissais très bien toutes les interventions et donc toutes les positions de patients. Mes connaissances rassuraient les chirurgiens qui ont un pouvoir de décision sur l’achat de matériel de bloc.
Ce fut une expérience enrichissante de plus, mais ce n’était pas vraiment mon métier. J’ai alors été approchée par l’un de mes clients, directeur de clinique, qui cherchait un chef de bloc. Il connaissait mon parcours, et lorsque vous avez l’hôpital Bicêtre sur votre carte de visite, c’est une vraie référence. En 2005, je suis devenue Responsable de bloc au service du Centre médico-chirurgical du Val Notre-Dame (95).

Parlez-nous des responsabilités qui vous ont préparée à un parcours de Cadre de santé

En 2005, avec le poste de Responsable de bloc au service du Centre médico-chirurgical du Val Notre-Dame, j’ai donc pris des fonctions d’encadrement. Je voulais clairement m’orienter vers un poste de Cadre de santé.
Assez rapidement, j’ai pu œuvrer dans le domaine de l’optimisation de l’efficience de l’établissement. Je me suis occupée de l’informatisation du système de facturation des dispositifs médicaux implantables. J’ai fait des études sur l’utilisation des salles de bloc. Ensuite, dans le cadre de changement d’organisation du CMC Notre-Dame, la Direction m’a proposé un poste de Responsable des relations médicales et du développement, au sein de l’équipe de Direction. Je suis devenue l’interface entre les praticiens et la Direction. En relation avec la Direction, je travaillais alors non seulement avec les praticiens, mais aussi avec les cadres responsables d’unités de soins, donc les surveillants d’hospitalisation, les cadres de bloc, les référents des secrétariats médicaux. Je me suis aussi occupée des dossiers d’autorisation d’exercice en liaison avec l’Agence régionale de santé. Ce sont des dossiers importants : nous sommes obligés de demander des renouvellements d’autorisation sur les différentes spécialités que l’on exerce dans les établissements de santé.
J’ai participé au montage du dossier cancérologie pour les cliniques. Au départ je travaillais dans une clinique puis dans deux, puis dans quatre. Cela a monté en puissance.
Dans le cadre de mes fonctions, je participais aussi au montage financier des budgets.
Dans la fonction publique d’État, on a le droit à un maximum de dix ans de disponibilité en comptant les renouvellements. En 2014, je me suis retrouvée en fin de la disponibilité que j’avais initialement prise pour six mois. Je n’avais jamais compté démissionner de l’Assistance Publique. J’ai donc fait le choix de réintégrer l’Assistance publique en 2014. À l’hôpital Bicêtre que je connaissais bien, la coordinatrice générale des soins m’a proposé un poste de « faisant fonction cadre de santé ». J’y suis restée dix-huit mois, jusqu’en août 2015, le temps de trajet devenant de moins en moins compatible avec un domicile dans les Yvelines et des missions très exigeantes. J’ai alors choisi de postuler en orthopédie à l’hôpital Raymond Poincaré de Garches (AP-HP), où je suis arrivée en août 2015. J’avais fait beaucoup de bloc, et je voulais me faire une idée plus précise de ce qu’est la fonction de cadre dans une unité de soins. Connaissant mon parcours, l’hôpital m’a incité à présenter le concours de l’Institut de formation des cadres de santé (IFCS), au sein de l’AP-HP.
J’ai passé le concours de Cadre de santé en mai 2016 et en septembre, je suis rentré à l’IFCS de la Pitié-Salpêtrière, pour une formation de dix mois. La formation permet l’obtention du diplôme de Cadre de santé et la capitalisation de tout ou partie des 60 ECTS (European Credits Transfer System) de la première année du Master « Économie et gestion de la santé ».

Quelles sont, selon vous, les qualités nécessaires pour exercer au quotidien le métier d’infirmier ?

Je dirais presque une forme d’abnégation. C’est dur. Il faut beaucoup d’énergie. Pour moi, on ne peut pas vraiment être infirmier sans incarner la vie. Nous avons ce devoir envers des patients souvent alités. Il faut être souriant, dynamique, il faut y aller. C’est à nous de leur donner le moral, l’envie de se rétablir vite, de se sortir de là, de valoriser leurs progrès. C’est sans doute relativement facile au début, mais ensuite, il faut maintenir ce dynamisme. De mon point de vue, c’est dur d’exercer ce métier très longtemps, c’est très prenant physiquement et mentalement. Il faut être capable d’avoir énormément d’empathie, faire preuve d’une grande disponibilité. En un mot, se sentir bien dans ses baskets, être très punchy ! Il ne faut pas faire ce métier sans cela.

Dans le cadre d’une première prise de poste, y a-t-il un parcours d’intégration particulier proposé aux nouvelles recrues ?

À l’hôpital Raymond Poincaré de Garches, en orthopédie, on met en place un parcours d’intégration de deux mois pour les nouveaux infirmiers et les aides-soignants. Ils passent par les unités de soins des deux étages.

À Bicêtre, la formation des nouveaux infirmiers dure six mois. On passe par chaque spécialité, on suit des gardes, on peut participer aux tâches d’un bloc opératoire dans un service d’urgence, etc.

Je crois que ce type de pratique s’est généralisé. Personnellement, je ne conçois pas une prise de poste sans parcours d’intégration.

Comment continuer à se former une fois en activité ?

La formation à l’AP-HP, c’est « le top du top », parce l’on a accès à toutes les formations correspondant à nos besoins.

Les formations peuvent être délivrées soit en interne, soit par des prestataires extérieurs. Ainsi, j’ai suivi une formation sur les logiciels de commande de kits de soins qui était délivrée par du personnel de l’hôpital, et une formation sur les statistiques avec Excel réalisée par un prestataire extérieur et beaucoup d’autres en rapport avec mon secteur d’exercice.

© Dunod Éditeur, septembre 2016


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